Pica Ouazi
13/11/2019 17:29

Saïd Sadi suggère aux Algériens de payer les amendes des détenus

L’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi a appelé les citoyens à acquitter les amendes infligés aux détenus du drapeau Amazigh. Il a qualifié ces dernières de « dettes d’honneur ».

Dans une contribution publiée, ce mercredi 13 novembre, sur sa page Facebook, le docteur Sadi a estimé : « nous devons veiller à ce que ces amendes ne soient pas imputées aux familles des prisonniers. Cette peine a été infligée pour des motifs qui nous concernent tous. Ces militants et activistes ont été emprisonnés pour notre liberté et notre honneur ». Il a expliqué qu’« en prenant en charge leurs amendes, nous disons à l’état-major qui les a exigées, qu’à travers les souffrances endurées par ces jeunes, c’est la Révolution qui est atteinte et qu’en conséquence, c’est à la Révolution de réagir et de se défendre en affrontant les outrances dont elle est l’objet. Chacun entend bien que la question dépasse largement le strict aspect comptable ».

Les détenus du Printemps berbère ont refusé de payer leurs amendes

Said Sadi, ancien détenu du Printemps berbère, a tenu à rappeler qu’à son époque, les détenus d’opinion ont refusé de se plier à cet exercice. « Dans les années 80, quand nous étions libérés, nous refusions de nous acquitter de nos amendes. À ce jour, elles sont d’ailleurs demeurées impayées. C’était pour nous, une manière de contester toute forme de légitimité à nos condamnations » a-t-il indiqué, soulignant qu’« il est important que l’ensemble des détenus discutent de la suite à donner à cette décision afin que tous adoptent la même position ».

Il a affirmé que ces détenus du Hirak ont besoin de soutien populaire dans le cas où ils prennent exemple sur les anciens prisonniers du Printemps berbère. « S’ils refusent de payer, il faudra que les citoyens se mobilisent à leur côté si d’aventure l’appareil judiciaire était tenté de s’acharner contre ceux qui rejettent son diktat », a ajouté l’ancien président du RCD.

Les magistrats qui ont prononcé le verdict ont violé la loi

Saïd Sadi a précise que « le nom du magistrat qui a prononcé son verdict, en violation de la loi, dans la nuit du lundi à mardi au tribunal de Sidi Mhamed (Alger), figurera en bonne place dans l’épais livre noir de la justice algérienne ». Il a estimé que ce tribunal « a condamné à des peines d’emprisonnement ferme et des amendes des jeunes qui ont manifesté pacifiquement pour la démocratie en brandissant le drapeau amazigh ».

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Le docteur a finalement rendu hommage aux détenus et salué leurs mérites, affirmant qu’« à la barre, l’intelligence, la détermination, la dignité et le courage de ces détenus a déjà fait de ce procès l’un des moments qui, sans doute, contribuera à la cristallisation des référents symboliques de la révolution citoyenne ».

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  • Monsieur Said Saadi comment peut-on demander à ceux qui sont déjà des victimes (otages) d’une injustice de payer une rançon (pas une amende) à un pouvoir illégitime et mafieux ? Il faudrait être un receleur et complice d’une bande de mafia du pouvoir pour demander une pareille chose!

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