Aylan Afir
12/04/2019 15:14

Algérie : Mustapha Bouchachi répond à Gaïd Salah et évoque le rôle de l'Armée

Algérie - L'avocat et défenseur des droits de l'Homme Mustapha Bouchachi a réagi, le jeudi 11 avril, aux derniers événements qu'a connu la scène politique algérienne. Maître Bouchachi évoque notamment l'attitude de l'Armée nationale populaire et la dernière déclaration de son chef d'État-major, Ahmed Gaïd Salah, qui a qualifié les revendications populaires d'irréalisables.

« Est-ce que l'ANP veut que l’Algérie aille vers une vraie démocratie ou la poursuite du système avec d’autres personnes ? » s'interroge cette figure du mouvement populaire dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, non sans estimer que l'armée nationale « ne peut en aucun cas s’allier à un régime en fin de règne ».

Estimant que l'institution militaire ne doit plus choisir les présidents comme elle le faisait auparavant, Maître Mustapha Bouchachi dit garder espoir que « lorsque l’ANP va regarder les marches de demain (vendredi 12 avril, NDLR), elle va rester avec le peuple, car nous voulons construire un État dans le respect des principes de novembre ».

Désolé par la gestion actuelle de la transition

D'un autre côté, l'ancien député FFS n'a pas manqué d'exprimer sa déception après la déclaration du général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, qui a insisté sur sa démarche constitutionnelle qui impose Abdelkader Bensalah comme président par intérim et une élection présidentielle le 4 juillet prochain.

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« J’étais déçu. Depuis le premier communiqué du 26 février qui contenait des menaces contre les manifestants, d’autres communiqués ont été diffusés, qui disaient que l'ANP allait soutenir le peuple en mouvement et se ranger du côté du peuple algérien », a indiqué l'avocat. Il précise que le dernier communiqué du commandement de l'État-major de l'ANP était « désolant ».

« Il dit qu’il ne veut pas de demandes irréalisables. Le peuple n’a présenté aucune demande irréalisable. Dans le monde entier, aucune période de transition ne s’est faite avec les symboles d’un régime corrompu », assène Mustapha Bouchachi, qui insiste que « les demandes du peuple ne sont pas irréalisables », rappelant au Général Gaïd Salah que l'article 102 qu'il veut appliquer « coûte que coûte aurait dû être activé en 2014 ou en 2016 ».

Pour lui, l'élection présidentielle programmée par Abdelkader Bensalah pour le 4 juillet prochain ne sera pas transparente dans les conditions actuelles. « Peut-on parler des élections présidentielles dans la situation actuelle, au moment où tout le peuple algérien dit non ? L’imposer aux Algériens, cela signifie qu’il y a une volonté cachée de ne pas changer de régime, mais de poursuivre avec le même système », a-t-il souligné.

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