Aylan Afir
29/04/2019 13:32

Algérie : Khaled Nezzar s’attaque virulemment à Saïd Bouteflika

L'ancien ministre de la défense Khaled Nezzar s'en est pris violemment à Saïd Bouteflika, le frère et conseiller de l'ex-président de la République, l'accusant de se comporter comme le seul décideur, dans une longue tribune publiée sur son site d'information "Algérie Patriotique".

« À cet instant, je me suis rendu compte qu’il se comportait comme le seul décideur et que le Président en titre était totalement écarté », affirme l'ancien membre du Haut comité d'État, en parlant de sa rencontre avec Saïd Bouteflika, à la demande de ce dernier, intervenue le 7 mars, quand le frère du président lui demandait des conseils pour faire face à la grogne populaire.

Selon lui, Saïd Bouteflika, qu'il a rencontré deux fois et avec qui il s'est entretenu par téléphone une fois le 30 mars, ne voulait pas lâcher le pouvoir. « Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du Président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays », a fait savoir Khaled Nezzar qui dit « apporter un témoignage pour dire jusqu’où était décidé à aller cet homme qui ne voulait pas comprendre, qui ne voulait pas imaginer, que le rideau était définitivement tombé ».

La virulence du propos du ministre de la défense de l'époque de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf et du début du terrorisme en Algérie, ne s'arrêtera pas là puisqu'il soulignera que Saïd Bouteflika allait instaurer soit l'état d'urgence, soit l'état de siège pour mettre fin aux manifestations populaires.

Khaled Nezzar évoque également l'échange téléphonique qu'il a eu avec Saïd Bouteflika le 30 mars dernier, lors duquel le frère de l'ex-président de la République se plaignait de l'attitude du général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, qu'il soupçonnait de vouloir s'attaquer au clan présidentiel.

« Il me dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’État-major de l’ANP étaient en réunion avec des commandants des forces et qu’ils pouvaient agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major », indique le général à la retraite, précisant qu'il avait exprimé son désaccord avec cette proposition susceptible de disloquer l'armée en cette période critique.

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Par ailleurs, Khaled Nezzar affirme avoir profité de l'enterrement de l'ex-commandant de la gendarmerie Ahmed Boustila pour rencontrer Saïd Bouteflika au cimetière, et lui demander de transmettre une lettre à son frère président, à propos des poursuites judiciaires auxquelles il fait face en Suisse.

« Tant que j’étais le seul concerné dans cette affaire, j’ai fait face depuis maintenant plus de huit ans. Du moment que les choses prenaient une autre tournure et touchaient l’ensemble de la hiérarchie de l’ANP avec des commissions rogatoires qui prétendent enquêter sur toute l’institution militaire, je devais en référer aux hautes autorités de l’État » a-t-il souligné.

Lors de cette rencontre au cimetière, l'auteur de la tribune affirme avoir demandé à Saïd Bouteflika de remettre une lettre au président de la République « pour l'informer du glissement de la procédure », sans dire si Saïd Boutelfika avait accepté la lettre ou l'avait refusée, et sans divulguer s'il lui avait remis la lettre en question.

« Poursuivi désormais es qualité, en tant qu’ancien ministre de la Défense, sachant que des listes de dignitaires militaires sont établies, prélude à de futures inculpations, et que des enquêtes portées par des commissions rogatoires sont parvenues en Algérie et qu’elles ciblent directement l’institution militaire dans son ensemble, je me devais de saisir le président de la République » a-t-il estimé.

Lire également : Algérie : Saïd Bouteflika est-il toujours conseiller à la présidence ?

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