Photo : Avion de la compagnie aérienne française Aigle Azur

La compagnie aérienne Aigle Azur menacée de disparition

La deuxième compagnie aérienne française, Aigle Azur, spécialisée dans les liaisons entre la France et l'Algérie, a été placée en redressement judiciaire, le lundi 2 septembre, par le tribunal d’Evry (Essonne). Ansi la compagnie n’a pas pu dépasser les graves difficultés financières dont elle souffre depuis quelque temps.

Ce dépôt de bilan n’aura pas d’impact immédiat sur les voyageurs, d'après les responsables d'Aigle Azur, vu que les avions continueront à voler jusqu’à nouvel ordre. Les voyageurs algériens seront les premiers touchés par cette décision, du moment où l’Algérie est la principale desserte d’Aigle Azur, avec six villes desservies. Elle représente 50 % de l’activité de la compagnie française, qui est deuxième sur ce marché après Air Algérie.

Cette situation est en grande partie due aux luttes de pouvoir entre les actionnaires de la compagnie, qui n’ont pas pu trouver de  terrain d’entente pour combler le déficit financier de l’entreprise. Cette mise en redressement judiciaire sera l'occasion de résoudre cette lutte de pouvoirs, qui pourrait avoir des conséquences graves pour les voyageurs, mais surtout les 1150 salariés du groupe.

Catherine Coli a été nommée administratrice judiciaire d'Aigle Azur. Elle aura pour principale tâche d’examiner les offres de reprise de la compagnie en difficulté, qui accuse une perte de plus de 40 millions d’euros.

Air France possible acquéreur d'Aigle Azur

Les salariés de l’entreprise attendent une réaction d’Air France. Selon un syndicaliste, « Air France aurait émis de l’intérêt pour Aigle Azur et serait prête à faire une offre de reprise ». Ainsi, la compagnie française ne veut pas laisser un rival faire main basse sur Aigle Azur et développer une concurrence frontale vis-à-vis de sa filiale à bas coûts Transavia, établie à Orly.

Il faut signaler que même si Aigle Azur est en quasi-faillite, la petite compagnie a un potentiel énorme. Elle dispose en effet d’environ 10000 « slots » (des créneaux de décollage et d’atterrissage) à Orly. Un véritable pactole, car l’aéroport parisien le plus proche de la capitale est limité à 250'000 mouvements par an et il est presque arrivé à saturation. Comme le prévoit la réglementation, ces slots ne peuvent être vendus. Pour mettre la main dessus, il faut racheter la compagnie.

Il faut aussi souligner que la compagnie française n’est pas la seule sur le coup ; beaucoup d’autres se préparent à mettre la main sur Aigle Azur, surtout pour développer leurs filiales low cost.

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