Shérazade
06/09/2019 16:45

Violences conjugales : Une Algérienne provoque l'émoi en France suite à son témoignage

Dans le cadre du Grenelle des violences conjugales organisé par le gouvernement français à Matignon, une femme d'origine algérienne, âgée de 66 ans, qui a longtemps été victime de violences conjugales, raconte son parcours à des journalistes de France 3 Régions et évoque des violences verbales et physiques intenses.

« … j’ai cru que la vie d’une femme algérienne, c’était ça. »

Baya Aghbala (portant un prénom emprunté à sa grand-mère) a été mariée à l’âge de 16 ans avec un inconnu. Un mari très violent. Cependant, pour cette femme aujourd’hui âgée de 66 ans, les violences avaient commencé au sein de sa famille. Celle-ci aurait été indésirée à cause de son sexe féminin. « On ne me voulait pas parce que j’étais une fille. Alors mon père me frappait », raconte Baya dans son témoignage. « Je suis restée, car j’ai cru que la vie d’une femme algérienne, d’une femme magrébine, c’était ça ! Être insultée, maltraitée, frappée… pour moi c’était normal », ajoute-t-elle.

Jusqu’à l’âge de 12 ans, Baya vivait avec sa grand-mère paternelle. « J’étais très heureuse et protégée. Je ne manquais de rien, même si nous n’avions pas grand-chose », témoigne-t-elle. Puis un jour, elle a suivi sa famille en France. Quatre ans après son arrivée de l'autre côté de la méditerranée, la jeune fille a été mariée de force à un inconnu plus âgé qu'elle de 6 ans.

Dans son livre « On m'appelait vaut rien », Baya raconte que c'est sa voisine qui lui avait annoncé son mariage. « Dans 15 jours, c’est ton mariage », lui avait-elle dit. « Je ne savais pas ce que le mariage voulait dire. À notre époque, la sexualité était un tabou. C’était interdit d’en parler à l’époque. Heureusement que les choses changent avec les jeunes filles aujourd’hui », explique Baya. De son mariage sont issus six enfants.

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50 ans de maltraitance et de violences conjugales

La sexagénaire explique avoir enduré un demi-siècle de maltraitance pour ses enfants. « J’ai supporté 50 ans de maltraitance, 50 ans de crachats, 50 ans de violence physique, 50 ans de violence psychologique… J’ai supporté tout cela pour mes enfants », avoue Baya.

La Franco-Algérienne avance aussi une autre explication, qu'elle pense plus difficile à entendre de nos jours : « Je suis restée, car j’ai cru que la vie d’une femme algérienne, d’une femme magrébine, c’était ça ! Être insultée, maltraitée, frappée… pour moi c’était normal ».

Ainsi, Baya a fini par avoir un déclic. « Du jour au lendemain, je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne voulais plus lui donner mon argent. Je ne voulais plus le payer pour avoir un sourire ou un peu de dialogue ». Elle décide ainsi de prendre sa vie et son destin en main. Cette victime de violences conjugales accepte alors de se faire aider par l'association SOS Violences Conjugales à Saint-Etienne. Son histoire poignante, elle la livre par écrit dans un témoignage intitulé « On m’appelait vaut rien », paru en 200 exemplaires seulement.

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