Shérazade
17/09/2019 11:05

Algérie : Vers une radicalisation du mouvement de contestation ?

Un chercheur spécialiste de l'Algérie à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) a estimé que la décision d'organiser des élections présidentielles pourrait durcir le mouvement de contestation, et le radicaliser jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune entente.

« … le pouvoir a envoyé un mauvais signal. »

Ainsi, pour Brahim Oumansour, chercheur spécialisé dans la politique algérienne, la situation de l'Algérie risque de se compliquer davantage, d'autant plus depuis le choix l'ancien ministre de la Justice Mohamed Chorfi comme responsable de l'autorité indépendante chargée d'organiser le processus électoral et de superviser toutes ses étapes. Le chercheur estime que par la convocation du corps électoral, « le pouvoir a envoyé un mauvais signal ».

Deux scénarios sont envisageables

Interrogé par la chaine française France 24, Brahim Oumansour a expliqué que tout dépendra du rapport de force entre le pouvoir algérien et les manifestants. Le pouvoir ne peut pas se permettre de rester sous une présidence par intérim. Il doit alors opter pour des solutions constitutionnelles, telles que le vote. Et d’un autre côté, le peuple rejette cette décision pour une raison simple : beaucoup  jugent que les conditions d’une réelle transition démocratique ne sont pas encore réunies.

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Le chercheur de cet institut français créé en 1991, spécialisé dans les questions internationales et stratégiques et reconnu d’utilité publique, met en place deux scénarios.

Annulation des élections de décembre 2019

Le premier scénario s’était déjà produit précédemment. Il s’agit alors de l’annulation pure et simple du scrutin. En effet, prévues pour le 18 avril 2019, les élections présidentielles s’étaient vues reportées pour le 4 juillet 2019, puis annulées sous fond de contestations et de manifestations populaires.

Vers une radicalisation de la crise algérienne

Le second scénario est celui d’une élection arrachée de force. Un scrutin que le pouvoir organisera coûte que coûte, malgré le refus de la quasi-majorité de la population. Le problème de ce scénario, c'est qu'on pourrait alors assister à une élection avec un taux de participation très faible et à un durcissement de la mobilisation ainsi qu’à sa radicalisation. Peut-être même à une répression du côté du pouvoir algérien. « L'avenir du pays reste en suspens », a conclu Brahim Oumansour.

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