Aylan Afir
06/10/2019 18:52

Comment les candidats à la présidentielle algérienne pourront-ils faire campagne ?

Algérie - L'opération de révision des listes électorales pour l'élection présidentielle du 12 décembre s'achève aujourd'hui 6 octobre. Plus de 120 personnes ont déclaré leur intention de se présenter au scrutin du 12 décembre. Pour cela, ils ont retiré les formulaires de souscription auprès de l'Autorité des élections.

Mais comment les candidats pourront-ils faire campagne ? Comment pourront-ils aller à la rencontre d'un peuple qui rejette cette élection ? Ont-ils déjà l'intention d'effectuer des sorties sur le terrain pour convaincre les citoyens du bien-fondé de leur démarche ? Tant de questions restent posées dans cette situation qui reste porteuse de dangers.

Faire face au peuple et au Hirak algérien

En réalité, il sera compliqué pour les candidats qui passeront l'écueil des signatures de mener une campagne électorale « normale ». Déjà avec l'affichage de leurs noms, les prétendants à la candidature sont la cible des Algériens, notamment sur les réseaux sociaux. Des noms d'oiseaux ou carrément des insultes fusent de partout depuis que les médias diffusent leurs images. Certains sont traités de traîtres, notamment ceux qui se présentaient comme proches du Hirak. Les critiques sont encore plus acerbes quand il s'agit de candidats farfelus et dont le sérieux est remis en doute.

Auront-ils le courage d'aller affronter un peuple en mouvement qui passe ses journées à les pourfendre ? L'on se rappelle tous ces ministres du gouvernement Bedoui qui rebroussent chemin dès que des citoyens les accueillent avec des slogans hostiles. Cela s'est passé dans plusieurs wilayas du pays, et même dans la capitale.

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Des dérapages lors de la campagne présidentielle ?

Que feraient donc les candidats pour occuper leur emploi du temps lors des trois semaines qui précéderont le jour du scrutin ? Pour ce qui est des candidats comme Ali Benflis ou Abdelmadjid Tebboune, ils pourraient toujours organiser des rencontres « fermées » comme ils avaient l'habitude de faire quand ils étaient dans les hautes sphères de l'État. Surtout avec un dispositif policier qui les protégerait de tous les intrus du Hirak.

Mais pour les autres, pourraient-ils ne serait-ce qu'organiser des sorties de proximité dans des cafés maures ? Et c'est là que les choses risquent de dégénérer. Les jeunes qui battent le pavé tous les vendredis se disent « trahis par ces candidatures ». Et il est probable que certains d'entre eux pensent à oser l'empêchement. L'empêchement de l'élection, mais aussi de la campagne électorale. D'où la peur des dérapages qui pourraient éventuellement survenir.

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