Ahmed Oul
18/06/2019 11:03

Corruption en Algérie : Bouteflika dans le collimateur de la justice ?

Algérie - Plusieurs hauts responsables et hommes d'affaires sont arrêtés et interrogés par la Cour suprême et les tribunaux algériens pour leur implication dans des affaires de corruption sous le règne du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier, dont la responsabilité directe dans la situation de déliquescence qu'a connue le pays est engagée, pourrait à son tour être visé par la justice algérienne.

C'est de moins, ce que laisserait entendre le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, qui a affirmé, lundi 17 juin depuis Bechar, que la lutte contre la corruption n'admet « aucune limite » et « aucune exception ne sera faite à quiconque ».

La revendication principale des manifestants lors du 17e vendredi de mouvement populaire, qui alimente de plus en plus le débat public, est le traduction devant la justice de l'ancien président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

Les manifestants réclament le jugement de Bouteflika

Lors du 17e acte des manifestations populaires, les Algériens ont réclamé des poursuites légales contre celui qui a occupé la fonction suprême en Algérie durant 20 ans et auquel tous les ministres et tous les hauts-responsables qui ont été traduits devant les tribunaux devaient allégeance et obéissance.

Vendredi passé, les Algériens ont scandé des slogans réclamant le jugement de Abdelaziz Bouteflika. Saluant l’incarcération de personnalités telles que Saïd Bouteflika, l'ancien patron du DRS, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Ali Haddad, et d'autres, les manifestants algériens ont exprimé leur souhait de voir l’ex-président Abdelaziz Bouteflika jugé et mis en détention. « Ramenez le même dans son fauteuil roulant », « Mazal, mazal Bouteflika ! (il reste encore Bouteflika) » et d’autres slogans ont été scandés lors de la manifestation à la capitale Alger.

L’écrivain et chroniqueur algérien Kamel Daoud avait, de son côté, appelé, le lundi 3 juin, à ce que le président déchu Abdelaziz Bouteflika soit jugé et condamné avant de mourir, afin qu'il rende compte de ses actes.

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La lutte contre la corruption en Algérie ne doit pas avoir de limite

Dans son nouveau discours; prononcé ce lundi à partir du siège de la 3ème région militaire à Bechar, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah a livré un constat terrifiant sur le phénomène de corruption et la gestion de l’économie en Algérie durant les 20 dernières années.

Le général de corps d’Armée estime qu'il est temps pour tout le monde, de rendre des comptes, assénant :

« L’heure des comptes est arrivée, ainsi que le temps d’assainir notre pays de toute personne malhonnête qui s’est laissée tenter de troubler la vie quotidienne du peuple algérien par de telles pratiques et de tout ce qui a obstrué les horizons face aux Algériens et semé la peur, voire le désespoir en l’avenir ».

Le Général Gaïd Salah a notamment affirmé que « la lutte contre la corruption n’admet aucune limite et qu’aucune exception ne sera faite à quiconque ». Pour nombreux observateurs, ce discours est un message clair de l’institution militaire pour démontrer que nul n’est au-dessus de la justice, ni même l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Lire également : Pourquoi l’armée algérienne a-t-elle lâché Abdelaziz Bouteflika ?

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